Avec une condition politique oscillant entre l’indépendance et la dépendance aux États-Unis, Puerto Rico et sa civilisation sont l’incarnation culturelle de la lisière. Lieu de débat fluide et non pas flou, la frontière nuyoricaine forge une identité boricua singulière, issue du binarisme oppositif, mais participant du nomadisme dont s’empare l’époque post-moderne. L’article se propose d’explorer la façon dont la production littéraire de Giannina Braschi problématise le concept de frontière qui devient chez elle, au nom de tous les Nuyoricains, délimitation et séparation (limes) mais aussi seuil poreux habitable (in limine), à la fois lieu de fusion et de friction géopolitique et civilisationnelle. Dans le « trans » qui caractérise l’histoire portoricaine ainsi que la population nuyoricaine, l’identité culturelle n’est plus située dans un tiers espace qui résout les dissonances entre colonisateur et colonisé, mais dans une subversion rendue possible par l’hybridisme…











