HYBRIDA. 2022. Vol. 05

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    Hybridations de la femme-animal dans les nouvelles de Boris Vian
    (2022) Requena Romero, Diana
    La place accordée au personnage féminin chez Boris Vian est très particulière. Il est souvent présenté comme un personnage secondaire. Pourtant, même si les apparitions des personnages féminins dans les récits peuvent être succinctes, leur développement comme personnage est loin d’être simple. Ils subissent des transformations corporelles qui leur octroient une nature animale. Avec cet espace privilégié du personnage féminin qui le situe entre deux mondes, l’auteur réussit à présenter un panorama de la position de la femme au XXe siècle, en passant par la garçonne jusqu’à arriver à la pin-up. Néanmoins, ces personnages s’inscrivent dans la sphère décrite sous le terme de langage-univers inventé par Jacques Bens. Pour cette étude, nous abordons les nouvelles de l’auteur qui, malgré la brièveté des récits, offrent un éventail d’hybridations de la femme-animal.
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    Sujet diasporique : entre tentative d’intégration et tentation intégriste, lecture dans 'Ce Vain combat que tu livres au Monde' de Fouad Laroui
    (2022) Houdzi, Ahmed Aziz
    Cet article se propose d’explorer, à travers le roman de Fouad Laroui Ce vain combat que tu livres au Monde (2016), les différentes transformations identitaires d’un sujet diasporique en prise directe avec l’Histoire immédiate. Ce roman qui constitue l’objet de notre étude donne accès à la conscience d’un personnage sur le point de devenir terroriste et invite à suivre son parcours chaotique de Paris à Raqqa à travers trois moments clés de son existence : tentative d’intégration, désintégration et tentation intégriste. Le destin du personnage principal Ali Bouderbala se déploie sur fond d’une surmédiatisation des débats acharnés et virulents, qui dessinent les visages d’une France habitée par le spectre des guerres identitaires (Blanchard et al., 2016), et fait face à une rémanence historique qui laisse profiler comment « les ankyloses identitaires » (Shayegan, 1989, p. 5) qui ponctuent le temps présent sont redevables du « passé qui s’efforce de sortir du présent » (Ashcroft et al., 2012, p. 50). Ainsi, Fouad Laroui se saisit des attentats qui ont frappé le cœur de Paris en 2015 pour ouvrir des perspectives d’analyse à même de nous renseigner non seulement sur certains conflits qui traversent aujourd’hui la société multiculturelle, mais également sur les moyens susceptibles de les résorber. De ce fait, il nous convie à lire et à réfléchir sur les différentes interactions qu’opère un sujet diasporique avec les aléas d’une géopolitique bouleversée et nous offre une explication romanesque d’une vie qui va chavirer entre le désir ardent d’intégration dans la société française laïque et la tentation intégriste promise par la société théocratique incarnée dans sa forme la plus monstrueuse par l’État islamique.
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    Mise en récit d’une conquête de l’Ailleurs, du XVIe siècle : mémoire et représentations du personnage historique Mostafa Al-Azemmouri ou Estevanico
    (2022) Mabrouk, Hassna
    Cet article a pour objet de parcourir une mémoire inscrite dans l’histoire de la conquête et des grandes découvertes, au XVIe siècle, menée par une puissance impériale de l’époque, l’Espagne. Longtemps présentée de la seule perspective de la relation de voyage de Cabeza de Vaca, la mémoire de l’explorateur marocain Mostafa Al-Azemmouri ou Estevanico incarne une vision eurocentrée qui a mis le voile sur la contribution de cet explorateur à l’événement historique de la Rencontre. L’apport considérable des études subalternes et des études postcoloniales, associé à la réflexion sur l’histoire connectée, ont animé un chantier qui projette un regard sur la mémoire des identités niées et occultées du moment historique. Ces études mettent en valeur une production littéraire et artistique contemporaine qui porte un intérêt à la reconfiguration des mémoires du passé. Celle du personnage historique, Al-Azemmouri, trouve sa manifestation dans le roman de Kébir Ammi, Les Vertus immorales, et dans les représentations artistiques qui fonctionnent dans l’espace natal de cet explorateur, la ville d’Azemmour.
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    Analyse discursive de l’interlangue dans 'Babyface' de Koffi Kwahulé : Plurilinguisme, positionnement et scénographie carnavalesque
    (2022) Coulibaly, Daouda
    Les romanciers de la nouvelle génération transgressent, sans aucune gêne, la norme grammaticale. Ce genre de discours, qui dans la deuxième moitié du XXe siècle semblait une innovation, est devenu une norme en ce début du XXIe siècle dans les littératures négro-africaines. L’œuvre de K. Kwahulé s’inscrit dans cette mouvance. Babyface est un roman construit en bric-broc. Le discours est un entrelacs de phénomènes linguistiques et sociaux disparates composés sur un fond jazzistique. L’architectonique du roman se singularise par sa dimension chaotique. Ce fatras discursif laisse transparaître les marques de la carnavalisation, symbole de l’hybridité extrême. La scène d’énonciation de ce chaos est caractérisée par une écriture eschatologique et scatologique. Cette écriture caractéristique de la déraison et de la violence se présente comme un tsunami textuel. L’objectif de cet article est double. Il vise à mettre en lumière l’hybridité extrême dans le roman africain et à montrer le mécanisme par lequel la carnavalisation concourt au renouvellement de l’écriture romanesque.
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    La double dominante générique dans 'Zakwato. Pour que ma terre ne dorme plus jamais', Azo Vauguy
    (2022) Brou, Stéphane Konan Luc
    Tout texte littéraire se définit proportionnellement à différents prismes dont celui du genre. Il se réalise au moyen d’un code dont la matérialisation est perçue comme une régularité langagière, une dominante. Zakwato. Pour que ma terre ne dorme plus jamais est une œuvre poétique dans laquelle, en marge du code poétique, Azo Vauguy fait également fonctionner, à haut régime, le code narratif qui en devient une seconde dominante. La tension entre la dominante poétique et la dominante narrative fait de cette création verbale un lieu textuel où les frontières génériques sont repoussées à l’extrême. L’article, dans une perspective stylistique, analyse ainsi l’hybridité construite à partir de ces deux dominantes et montre qu’elle participe du dynamisme de la littérarité générique.
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    Mille saveurs de la traduction dans 'Vivre l’orange – To Live the Orange'
    (2022) Sevón, Aura
    Cet article propose une analyse de l’extrême multiplicité dans le livre bilingue Vivre l’orange – To Live the Orange (1979) d’Hélène Cixous. Il se penche sur la notion de traduction qui fonctionne dans cette œuvre de façons variées, entre autres comme une forme d’intelligence corporelle et affective et comme un processus quasi synonymique de l’écriture, telle que la conçoit Cixous. Nous étudierons ensuite, côte à côte, la pensée et l’écriture cixousiennes et celles des autrices chicanas Cherríe Moraga et Gloria Anzaldúa, pour en arriver à détailler l’idée d’une écriture non pas « originelle », mais bien oranginelle. Nous ferons par la suite une lecture comparative du concept de « source » chez Cixous et chez la penseuse postcoloniale Trinh T. Minh-ha, puis du concept de l’exclusion linguistique en contexte (post)colonial chez Jacques Derrida et Cixous. En mettant ainsi en valeur le principe du multiple, nous arriverons, finalement, à proposer des rapprochements entre la pensée cixousienne et la pensée intersectionnelle.
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    [TIMESCAPES]
    (2022) Melay, Alexandre
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    Retour sur la réception du Prix Goncourt 1921. De la censure sociale à la concurrence littéraire
    (2022) Bonilla, Lourdes Rubiales
    L’octroi du Prix Goncourt 1921 à Batouala. Véritable roman nègre de René Maran, fonctionnaire colonial d’origine guyanaise, a soulevé une polémique politique et littéraire, entretenue par la presse pendant toute l’année 1922 et au-delà. Les travaux consacrés à ce qu’on connaît, déjà à l’époque, comme l’« affaire Batouala » nous donnent une idée assez précise des clés, de l’évolution et de la dynamique de la controverse médiatique. Dans cet article, nous nous intéressons à un aspect particulier de la réception de Batouala en France : l’effort (et l’impuissance) du pouvoir pour neutraliser le discours de Maran à travers une censure qui évite de se déclarer comme telle.
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    Restos de barrios
    (2022) Carballo, Lula
    sur la piste cyclable, papa regarde-moi !, chuter en bmx, essuyer mes mains incrustées de pierres pointues. ici, dans les souvenirs de mon premier quartier d’enfance, les édifices côtoient des bidonvilles en carton. j’emprunte des trajets interminables vers le centre-ville de montevideo, et je hume l’odeur des aliments que personne ne peut m’offrir. nous sommes pauvres en garrapiñadas, bizcochos, merengues et panchos. mon ventre fait de l’écho. la musique des machines à sous résonne sur le comptoir du dépanneur. j’entends les cris de la mère de ma mère battue par son amant alcoolique, les coups de poings sur le mur mitoyen de ma chambre, les rats qui se promènent sur mon oreiller. je me réveille souvent en sursaut, les vidanges brûlées devant la porte, le plafond en plastique. je souffre de problèmes respiratoires portant le nom de la nature qui foisonne.   j’ai appris à lire la nuit, égarée dans l’encyclopédie des fleurs.   ****   montevideo, años 90, villa española, calles de pedregullo, casa sin árboles. vecinas tóxicas, gritos y murmullos. las venas abiertas de mi tía enferma, la basura acumulada, el humo, las ratas, la hija milica de la loca de al lado, la vieja yazira, sus amantes violentos, los llantos, las piñas y las puertas agujereadas de los roperos, el cielorraso de plástico recubriendo el techo de mi cuarto, los libros con flores ilustradas, los abrazos, las lecturas, las vegetaciones, los accidentes de tránsito, las muertes sin crónicas anunciadas, los rostros transformados por el cansancio y el silencio.   y dos o tres cosas más que no desvelaré.   ****   voisinage hanté. soir d’automne, je marche dehors. je m’arrête là où je vois de la lumière. je sonne. un homme ouvre sa porte et me dévisage avec mépris : tu diras à ta mère que c’est interdit de faire travailler des enfants et que c’est insalubre de vendre des parts de gâteau en faisant du porte-à-porte. il n’avait qu’à rien m’acheter. il n’avait qu’à garder le silence.   la nuit, les voleurs craignent les coups de feu du calibre 38 de mon père, revolver argenté, froid et lourd que j’ai déjà serré entre mes mains.   ****   ombú, barrio con nombre de árbol, la casa de mi padre cuando aún era un niño. la mía, también, veinte años más tarde. la vecina italiana que nos ofreció pan duro el día de nuestra mudanza, la vecina rica que le dio trabajo a mi madre. sus lágrimas de señora amargada, su marido bandido con amante joven, el arma apuntando una garganta temblorosa. las metáforas. las mentiras encubriendo imperios de pacotilla. las apariencias no engañan a las niñas enfermas. tres meses en cama con el hígado cansado. probé todas las galletitas de agua y los dulces de membrillo del almacén de don carmelo. la enfermera entraba a mi cuarto una vez por semana para sacarme sangre.   ahora de grande, no le temo a las agujas. conozco el dolor que procuran y sé que puedo resistirlo.   ****   camino maldonado, avenue aux voitures inquiètes. j’emprunte, chaque matin, le parcours à obstacles séparant ma maison de mon école secondaire. mes chaussures aux semelles fatiguées évitent les petites roches et les flaques d’eau. mon amour malade au cœur agité. sa tuberculose de fin de siècle, les premières lectures des contes de garcía márquez. ma boulimie pauvre. mes jambes poilues. mes traumas d’adolescente. l’infestation de coquerelles dans ma chambre. les journées humides d’automne, les limaces se tortillent dans du sel de mer.   pour rendre visite aux parents de mon père, nous traversons une zone piégée, je me recroqueville sous le siège de la voiture, évite les projectiles lancés par des voyous qui tentent de nous voler.   ****   camino maldonado, avenida con automóviles alborotados. en el trayecto que separa mi casa de mi colegio evito los charcos y las piedras. cuido mis zapatos de gamuza con suela cansada. disimulo la tristeza. de un primer amor enfermo. tuberculosis de fin de siglo. garcía márquez y la lectura de sus primeros cuentos. escondo una bulimia pobre. acumulo traumas, bigote, uniceja y piernas peludas.   miles de cucarachas invaden mi cuarto. los días de lluvia, las babosas se retuercen en sal gruesa. pero no me quejo. vivo en una casa con hermoso patio y jardín.   ****   montréal en plein été. la plaza st-hubert brille avec ses commerces protégés par des toits en tôle verte. ma voisine salvadorienne achète une robe de bal à 650$. tissu noir, tulles transparentes aux broderies argentées et aux motifs abstraits incrustés de cristaux. maquillage et coiffure dans un salon de beauté latino. elle transitionne de jeune fille de 16 ans en femme mûre en un clin d’œil.   moi, grosse aux cheveux courts, je la regarde partir en limousine et je pense : je n’ai pas beaucoup de temps pour avoir l’air d’autre chose d’ici un an. thérapie alimentaire. anxiété contrôlée. robe satinée bleue achetée dans une boutique seconde main. coiffure ostentatoire, esthétique années soixante-dix, sprinette dans mes cheveux.   si je ferme les yeux, je ressens le parfum artificiel de mon bal de finissants.   **** montréal, años 2000, la plaza st-hubert brilla con sus comercios protegidos por techos de lona verde. mi vecina salvadoreña se compra un vestido de 650$. tules bordados con flores plateadas e incrustaciones de cristales. delante del espejo, pasa de ser una joven de 16 años a señora adulta en un abrir y cerrar de ojos.   yo, gorda y con pelo corto, la miro irse en limusina y pienso: no me queda tiempo para parecerme a otra cosa de aquí a un año.   terapia alimenticia. ansiedad controlada. vestido celeste satinado comprado en una tienda de segunda mano. peinado sesentoso improvisado con exceso de fijador en aerosol.   veinte años más tarde, cierro los ojos y vuelvo a sentir el perfume artificial de mi baile de egresados.   y no me invade ninguna nostalgia.   ****
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    Entrevista a Laura Alcoba: "Para qué sirven las historias"
    (2022) Ferreri, Natalia Lorena; Aiello, Francisco
    Par la forêt es la última novela de la escritora Laura Alcoba (La Plata, 1968), editada en Gallimard en enero de este año. Allí, la autora relata en francés una historia que roza lo inenarrable: un doble infanticidio, varios intentos de suicidio y la experiencia del exilio. Griselda, madre de tres hijos, mata a los dos más pequeños. Flavia, la hija mayor, sobrevive no solo a la muerte temprana, sino también al silencio que, por años, envuelve los hechos que no pueden ser explicados con palabras. En Par la forêt, una narradora en primera persona que se encuentra con los protagonistas de esta historia, los escucha, toma nota y escribe, reúne en un tiempo ulterior las palabras que acaso no pudieron ser dichas antes. En esta entrevista, que tuvo lugar en el café Le progrés de París en julio de 2022, Laura Alcoba comparte la experiencia íntimamente humana y escritural que significó la creación de Par la forêt. Desde esta novela, en retrospectiva, Alcoba recorre su escritura novelística, revela su vínculo con la traducción y la lengua materna, y ofrece una mirada sobre para qué contar, para qué sirven las historias.
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    Introduction : EXTRÊME/S
    (2022) Libasci, Fabio
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    Apertura: No hay palabras...
    (2022) Pujante González, Domingo
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    Visions et représentations du quartier de Chinatown à Paris dans les films français de l’extrême contemporain: de l’exotisme au multiculturalisme
    (2022) Pan, Yue
    Cette étude examine les représentations du triangle de Choisy, le quartier reconnu comme Chinatown de Paris, dans trois films français contemporains : Augustin, roi du Kung-fu (1999), Paris, je t’aime (2006) et Made in China (2019). L’article a pour objectif de montrer le regard, qui se manifeste à travers ces films, porté par le courant dominant de la société française sur cette enclave urbaine et sur la sous-culture sino-française. Avec une analyse des images de paysage urbain du quartier, des personnages masculins occidentaux qui se présentent dans Chinatown et des personnages féminins d’origine asiatique qui habitent ici, l’article présente les représentations cinématographiques de ce Chinatown parisien à travers trois plans : sa postmodernité architecturale, sa fonction dans l’organisation sociale de Paris et son rapport avec le courant dominant de la société française. L’article fait valoir que le Chinatown parisien représente le côté multiculturel de Paris sur l’écran. Ainsi, les images de Chinatown nous permettent d’observer l’évolution du multiculturalisme dans la société française.