HYBRIDA. 2024. Vol. 09

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    Écriture-traduction et poétique hétérolingue dans 'Munyal, les larmes de la patience' et 'Mistiriijo : la mangeuse d’âmes' de Djaïli Amadou Amal
    (2024) Atouga, Jean Pierre
    La présente réflexion s’intéresse à la technique d’écriture mise en œuvre dans l’œuvre romanesque de Djaïli Amadou Amal pour exprimer la poétique de l’oralité africaine. Elle questionne en particulier la place qu’occupe la traduction dans un univers de fiction hétérolingue où coexistent le fulfulde et le français. L’article pose en hypothèse que, pour venir à bout de la résistance qu’opposent ses textes à la réception, et permettre au lecteur de s’accoutumer au dépaysement de sa langue, la romancière établit une complicité avec ce lecteur plurilingue pour qui la lecture elle-même reste un acte de traduction. Elle facilite cette lecture au moyen des notes par le renvoi en fin de volume et par l’appel en bas de page. Aussi l’étude vise-t-elle à montrer que l’écriture-traduction que donne à lire cette auteure constitue un moyen permettant une intercompréhension entre les cultures française et soudano-sahélienne. L’étude convoque, pour ce faire, la théorie de l’hybridité culturelle de Bhabha (1994), laquelle permet de comprendre comment l’écriture romanesque en contexte postcolonial se nourrit du métissage et d’hybridité sur les plans textuel et sémantique.
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    Le cycle autobiographique (1964-1972) de Violette Leduc : trajectoire d’une Bâtarde
    (2024) Chanoz, Laetitia
    Cet article se donne pour objectif d’étudier la vie et l’œuvre de Violette Leduc dans une démarche mêlant littérature, études de genre et sociologie de la littérature. Il explore les raisons de la marginalité démultipliée de Violette Leduc, autrice périphérique du milieu du XXe siècle, bâtarde et lesbienne, pour mieux ensuite analyser son parcours au sein du paysage littéraire et institutionnel de son temps et actuel. Leduc se heurte à certaines limites dans son parcours en tant qu’autrice et sa reconnaissance par les institutions du champ littéraire demeurerait partielle.
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    Le « personnage écologique » amoureux dans 'Ça raconte Sarah' de Pauline Delabroy-Allard (2018)
    (2024) Schmid, Alicia
    Dans le présent article, l’objectif est d’observer la construction d’un personnage amoureux à partir d’un angle écologique : la narratrice homodiégétique de Ça raconte Sarah de Pauline Delabroy-Allard publié aux Éditions de Minuit en 2018. Les notions de « personnage écologique » (Stéphanie Posthumus), de « mesh » (Timothy Morton) et de « nœuds phénoménologiques » (Camille Froidevaux-Metterie) sont mobilisées pour proposer une lecture écologique et féministe du roman. Il présente un amour passionnel entre deux femmes, et plus particulièrement un « devenir lesbien » (Margot Lachkar), qui bouleverse l’identité au point de transformer les représentations des personnages. Nous mettons alors en évidence une modalité fantastique qui sert à narrer les événements traumatiques lorsque la mort de la femme aimée se profile. En dernier lieu est interrogée l’influence de la fiction et de la critique sur les représentations symboliques des lectrices et des lecteurs.
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    'What happens in Vegas stays in Vegas': el dolor y la barbarie como ornamento turístico en la obra 'Calais' de Emmanuel Carrère
    (2024) Tornos, Maider
    En el año 2016, Emmanuel Carrère publica Calais: una novela documental, que narra la transformación que se produce en la ciudad, como consecuencia de la aparición de la Jungla, el mayor asentamiento provisional de migrantes en Europa hasta ese momento. Este trabajo, heredero del giro epistemológico que se produce en las ciencias humanas, desde la categoría del tiempo a la categoría del espacio, plantea una reflexión en torno al referente espacial que construye la novela, a partir de una perspectiva multidisciplinar que entrelaza la teoría literaria y los estudios culturales.
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    Le Caravage à la lisière des genres et des formes : portrait réévalué d’un peintre révolutionnaire
    (2024) Diby, Marcel Kouakou
    Cet article analyse le traitement de la vie et l’œuvre du Caravage dans la fiction contemporaine. Si par tradition esthétique les récits sur les peintres et la peinture se conforment et se confinent à des genres spécifiques, les textes que j’aborde ici font preuve d’une hybridation générique et scripturaire qui met en contact plusieurs espaces lisières. Mon propos montre ainsi les modalités et modulations d’entrecroisement de la biographie, de la fiction, de l’histoire et du récit d’enquête. Au-delà des genres convoqués, la référence picturale permet également la sollicitation de diverses matrices iconiques dont l’ekphrasis et l’hypotypose demeurent les formes les plus accomplies. En creusant dans les trous noirs de l’histoire de l’art, La course à l’abîme de Dominique Fernandez et Solitude Caravage de Yanick Haenel proposent une lecture inspirée d’une expérience intérieure de l’écrivain. L’idée est de proposer, dans cet espace hybride que devient le texte, une lecture différente et originale de la vie et l’œuvre du Caravage médiées par des récits d’une réévaluation.
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    Genre et corps dans 'Crépuscule du tourment' de Léonora Miano : entre fiction et frictions
    (2024) Molina Romero, Mª Carmen
    Crépuscule du tourment, de l’écrivaine franco-camerounaise Léonora Miano, nous offre un riche terrain d’analyse du corps et du genre féminin au croisement des actuels enjeux de la femme africaine et afrodescendante, en contexte francophone. À quatre voix, les narratrices égrènent les f(r)ictions de leurs cor(p)sages, à travers leurs vécus de corps-mémoire, de corps-désirant, de corps-social ou de corps-maternel. Avec ce quatrain textuel, Miano célèbre une poétique de la relation hors lisières, permettant le contact et la perméabilité, sans catégories, déconstruisant les « plis » corporels acquis par atavisme.
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    Le monde ourlé et le monde liseré
    (2024) Westphal, Bertrand
    L’article explore la notion de lisière comme métaphore des frontières et des transitions dans la pensée philosophique et dans l’expression linguistique et littéraire. Il remet en question l’idée binaire d’une frontière qui serait soit fermée, soit ouverte, en proposant un modèle plus nuancé, symbolisé par la porte entrebâillée. À travers l’analyse plurlinguistique de plusieurs concepts et l’analyse et référence à divers œuvres littéraires et auteurs (comme Charles Baudelaire, María Zambrano ou Michel Tournier), l’article montre que les zones liminaires, ou interstitielles, sont des espaces de rencontre et de dialogue entre le même et l’autre. Ces zones offrent des possibilités infinies d’échange, de transformation et d’altérité, en opposition à l’immobilisme des frontières fermées. Cet article appelle ainsi à repenser les limites comme des espaces de connexion plutôt que de division.
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    Silence in the darkness
    (2024) Melay, Alexandre
    Entre les grandes artères des périphéries urbaines, tout un tissu naturel tente de se maintenir à l’abri de son anéantissement. Nombreux sont ces lieux, des espaces déserts, présents dans des zones industrielles inoccupées, qui sont exclus — hors champ, hors cadre. Il s’agit d’un paysage bouleversé, appartenant à une nature incultivée, devenu un vestige obsolète, vétuste, retardataire, et presque sauvage au milieu de la civilisation urbaine. Dans la série photographique Silence in the darkness, l’image prend l’espace pour objet, c’est l’âme du lieu sans âme qui est mis en scène. Les photographies représentent un non-lieu photographique ; les images d’un territoire anonyme, d’une zone tampon, alternative, d’un espace intermédiaire ou intercalaire, d’une extrême banalité, en marge des métropoles. Friches industrielles, faites de terrains vagues, de routes désertent, représentent de réelles zones de partage où règne l’immobilité, l’absence. Des lieux transitoires et fonctionnels, mais aussi lieux d’errance, en suspens. Entre réalité et fiction, entre réalité sociale et imaginaire poétique, entre documentaire et fiction. Dès lors, ces lieux n’appartiennent plus aux villes, dont ils sont exclus, victimes de la modernité qui les traversent aujourd’hui. Devenus des ruines anachroniques, entachés par le retard de leur évolution dans le temps, ils symbolisent la complexité de ces lieux. Les photographies interrogent le statut même de ces zones indéterminées, oubliées, des espaces en attentes où règne le silence ; le temps semble comme suspendu, amplifiant l’immobilisation de l’atmosphère. Il émerge de ces images des espaces incertains, inconscients, semblant surgir de nulle part ; véritables lieux à l’abandon, privés de toute présence humaine. Zones à la fois bétonnées et boisées, éclairées avec la lumière orangée des réverbères sous une nuit d’hiver. Les différentes couleurs qui explorent les nuances de l’atmosphère urbaine, de l’oasis de lumière des réverbères fonctionnant à la vapeur de sodium, créent un univers livide et décoloré, entre le crépuscule, la tombée de la nuit et l’obscurité, où les arbres finissent par devenir silhouettes. Une atmosphère pesante, dans cet environnement lumineux, qui finit par plonger le spectateur, dans un espace d’anxiété, immergé dans une sensation oppressante. La sensation de malaise est accentuée par cette atmosphère à lalumière blafarde, véritables jets de lueurs d’éclairages publics. Ces environnements inondés, presque irradiés par cette clarté orangée des réverbères, forment un espace à part, mystique, magique, mais aussi funèbre, austère et sinistre, provoquant une certaine inquiétude, une sensation d’étrangeté, dans un univers déstabilisant. Face à ces images photographiques, nous sommes en proie à plusieurs réactions sur ce que l’on voit, sur ce que l’on ressent ; nous tentons de donner un sens au lieu, une signification à tous ces lieux en marges, ces friches, ces lieux intermédiaires au statut ambigu. En fait, de le comprendre, d’en déceler ses énigmes cachées, pour lui arracher ses secrets.
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    Introducción: BORDE/S
    (2024) Aguilar Miró, Estel; Marqués Meseguer, Josep; Hernández Royo, Marina